Un peu d'histoire...

La Vallée des Peintres est arrosée par le ruisseau du Crapeux, qui forme la limite de la commune et qui coule d'est en ouest. C'est ce ruisseau qui a creusé cette vallée dans le plateau granitique Vire-Carolles, profitant du soulèvement du Massif Armoricain (auquel appartient notre région) dû au contrecoup du plissement alpin à l'ère Tertiaire. Avant cette épisode tectonique, la région était une pénéplaine et le ruisseau coulait presque au niveau de la mer. Lors du soulèvement, le ruisseau est resté sur place, mais il a entaillé une vallée.

A l'origine la Vallée des Peintres se nommaint Vallon Bouvet au XVIIIème siècle, et Ravin de la Tésorerie au XIXème siècle. Avant 1840, c'était la vallée la plus sauvage et la plus nue de la contrée.

Vers 1840, une carrière de granite fut ouverte La Nevourie, au coeur de la Vallée des Peintres, dans le massif granitique de Vire qui se termine aux falaises de Carolles, par Messieurs Ducoudray, en vue d'extraire des pavés pour les trottoirs de Paris et des pierres de grande dimension pour les bassins du port de Granville. Un chemin fut créé. Le granite était transporté à Granville par une énorme voiture traînée par 6 chevaux. L'exploitation de ces carrières a cessé vers 1926. Une petite mare rappelle l'emplacement de la carrière de granite bleu.

C'est à cette époque que des arbres y furent plantés par MM. Ducoudray.

L'essor de la station balnéaire coïncida avec l'ouverture, le 29 août 1908, d'un tramway reliant Granville à Sourdeval par Avranches et le littoral. Un très beau viaduc enjamba la Vallée des Peintres (le Pont du Crapeux) à partir de 1906, pour permettre le passage du petit train. Le projet souleva les protestations des baigneurs, qui firent signer des pétitions. Actuellement, les artistes dessinent le pont sur ses deux faces.

Du fait de la substitution progressive de l'automobile à la locomotive, la voie fut fermée le 31 décembre 1935 et désaffectée. Quant à l'ancienne ligne du tramway, elle a été maintenue à Carolles à l'état de chemin de randonnée (GR 226) pour le passage des piétons et cavaliers.

Depuis lors, c'est l'un des sites les plus pittoresques de Carolles, lieu d'élection des peintres au début du XXème siècle, et auquel les habitants on donné le nom de "Vallée des Peintres" vers 1900, époque où ils voyaient souvent des ombrelles blanches abritant des chevalets. En effet concurremment avec l'afflux des baigneurs, Carolles a bénéficié depuis 1860 de l'attrait exercé par ses sites pittoresques sur les artistes, peintres et sculpteurs.

Nombre d'entre eux y ont fait des séjours prolongés ou même y ont établi leur résidence, et leurs oeuvres ont largement contribué à faire connaître et apprécier cette région de l'Avranchin. Citons le sculpteur Jules Blanchard, les peintres Edmond Debon, Emile Dardoize et son gendre Ernest Simon, dont le fils Jacques Simon avait son atelier à "la Bellengerie", Constantin Leroux, Baudoux, Pierre Berthelier, Albert Depré, René Durelle, les sculpteurs Etienne Leroux et Henri Delaspre et l'architecte Victor Petitgrand.

La vallée des peintres a sa légende. L'abbé BERTHOT curé de Carolles nous parle de Fées Laveuses, les Lavandières de la Vallée des Peintres. Citons-le : "d'après la légende, ce vallon était hanté par les Lavandières, ces Fées au gantelet de fer qui volontiers frappaient les indiscrets attirés, à la nuit tombante, par le bruit harmonieux de leurs battoirs."

Edouard LE ROSSIGNOL a inventé un véritable roman sur les Lavandières de la Vallée des Peintres, qu'il appelle Véfa et Bélana et qu'il fait venir de Brocéliande avec le druide Ivanohël. Les Lavandières de Carolles sont à mettre en relation avec des Sorcières ou peut-être avec un collège de neuf Druidesses qui auraient tenu leurs quartiers sur l'île de Tombelaine ou sur le Mont Saint-Michel lui-même, où elles auraient assuré le culte du dieu solaire Belenus. En réalité, ces Druidesses ont été inventées au XVIIIème siècle par l'historien Gilles DERIC chanoine de la cathédrale de Dol, dans son Histoire Ecclésiastique de Bretagne. par la suite on a ajouté que ces fameuses Druidesses de Tombelaine ou d'ailleurs, chassées par les Romains, se seraient réfugiées dans les vallons reculés, comme la Vallée des Peintres.

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